2 mai 2013

Social Business : L'Entreprise 2.0 selon Deloitte Digital





Deloitte Digital a publié un livre blanc intitulé "The Social Entreprise :   What is mean to be a social Enterprise" expliquant son approche et le chemin pour devenir une entreprise 2.0.





Les bénéfices d'une entreprise digitale

  • En Interne
    • Réduire le temps d’accès à la connaissance
    • Réduire les coûts de communication
    • Optimiser les canaux de communication
    • Faciliter l'accès aux experts 
    • Faciliter la collaboration

  • Client
    • Augmenter l’efficacité du marketing
    • Accroître la satisfaction des clients
    • Réduire les coûts liés au marketing
    • Se concentrer sur l'information pertinente

  • Partenaires, fournisseurs....
    • Accroître l’accès à la connaissance 
    • Réduire les coûts de communication
    • Faciliter l’accès aux experts
    • Curation de l'information

Ces bénéfices résultent selon Deloitte de la collaboration venant du partage d'information entre les divers acteurs, mais aussi de l'interconnexion des outils collaboratifs avec les applications métiers. 


Les 10 étapes pour implanter des technologies sociales en interne   

1. Identifier les besoins internes
2. S'aligner sur un objectif business
3. Enrôler les divers acteurs dans l'entreprise et hors pour créer de la valeur ajoutée
4. Définir les besoins technologiques et l'ergonomie
5. Comparer les solutions possibles
6. Initier un plan d'adoption et une roadmap de déploiement
7. Initier des ateliers de formation
8. Communiquer sur la solution
9. Mesurer et analyser
10. Communiquer sur les succès et adapter.




Comment favoriser la participation des contributeurs ? 


Les 2 principaux facteurs seraient :
  • Système de gamification pouvant s'articuler :
autour de prix et de récompenses basés sur un système de points dépendant de l'activité (profil rempli, création de conversation, présence régulière...) et sur la reconnaissance des membres du réseau et des pairs.

  • Une participation de tous 
C'est l'effort collectif (ensemble des participants quelque soit leur niveaux dans l'entreprise) qui permet à un réseau social d'entreprise (RSE) de perdurer dans le temps. 


Mesurer la plateforme sociale

Mesurer l'activité sociale ne se limite pas à l'activité des conversations et des posts des utilisateurs. 
La partie la plus importante est d'identifier les contenus provoquant des réactions, les utilisateurs pouvant être "ambassadeurs internes" (key users), les influenceurs du réseau, "les moments" où les contenus sont partagés et commentés.

Ces mesures effectuées il sera plus aisé de pouvoir :
  • Identifier les sujets et les échanges avec les clients
  • Identifier les risques et problèmes lié saux conversations sociales
  • Pouvoir répondre rapidement aux sentiments se devellopant sur le réseau social d'entreprise
  • Identifier les opportunités liées aux conversations présentes dans le RSE.



Le chemin

Les "fondations" de l'entreprise "Social Business" 

  • Offrir des espaces collaboratifs, d’échanges comme des forums
  • Intégrer les pratiques sociales dans le travail quotidien (notamment l'usage de blog et de flux d'activité dans un contexte de projets)
  • Identifier les data qui pourraient être sources de bénéfices pour l'entreprise 
  • Enseigner les pratiques collaboratives aux employés via des pratiques et outils sociaux 



Comment poursuivre ?

Les éléments de base etant acquis, Deloitte Digital préconise  :
  • Organiser un "Centre d'Exellence" pour développer les pratique sociales a travers toute l'organisation
  • Etre prêt à repenser les outils mais aussi les process business
  • Aligner les pratiques sociales internes avec les pratiques sociales externes
  • Intégrer et analyser les données sociales issues de l'interne et de l'externe


La finalité

L'objectif est de pouvoir apporter les réponses aux clients quelque soient le canal utilisé par le client, la nature de sa question, et d’interagir avec lui avec les bons profils aux bons moments. 




Si la globalité du livre blanc est de bonne qualité, je regrette 2 points :

  • La légèreté sur la partie "favoriser l'animation".  Une des principales difficultés lors de la mise en place de pratiques sociales est justement d'amener les collaborateurs à participer dans ces communautés ou groupes. Le contenu est roi est reste l’élément central autour duquel s'ajoute la conversation (voir sur le thème de contenu le billet de B.Duperrin "quel contenu pertinent pour votre réseau social d'entreprise"). Aussi, la gamification, même si elle reste un système d'encouragement, n'est pas suffisant (sans oublier la difficulté  de conception de la pertinence système de gamification).
  • Toute la partie liée aux changement de l'organisation est absente. La partie charnière de tout projet de transformation et d'évolution reste la conduite de changement. C'est via ces changements que l'organisation peut repenser à sa structure, ses flux, ses process et les comportements permettant d'atteindre sa finalité : attirer des prospects, vendre et satisfaire ses clients.



16 avr. 2013

Social Business : le triptyque Efforts, Temps, Bénéfices

La question des bénéfices liés à la mise en place d'un RSE et plus largement la difficulté de "transformer" les entreprises suite à la parution de Gartner qui annonce que "seul 10% des projets RSE réussissent" a fait couler de l'encre la semaine dernière, comme le précisait Stéphane Morrichini (@smorrichini) dans "Réseau social d'entreprise: rétropédalage de Gartner"



Ces projets de transformation dépendent notamment de l’implication des  3 grandes « strates » internes à l’entreprise (le triptyque : Collaborateurs / Middle management / Top management).

Si le Top management semble convaincu de l’apport de ces technologies, 90% selon Mc Kinsey, le middle management est plus perplexe, et les collaborateurs le sont tout autant.
Le niveau d’implication de ces acteurs sont différents, les moyens de motivations sont divers, les buts sont, malheureusement, peu alignés surtout dans la période économique actuelle.

Pour tous les acteurs, la question finale reste par contre identique : quels bénéfices puis je en obtenir ?  #WIIFM - What’s in it for me ?

Top Management : Quels bénéfices pour l’entreprise et notamment quel bénéfice économique ?

Middle management : Comment cela peut il m’aider tous les jours dans mon rôle de manager ?, moi qui suit situé entre des collaborateurs qui vont avoir de nouvelles attentes et une direction qui me donne pas les moyens d’exécuter, et qu’est ce que l’on attend de moi ?

Le collaborateur : A quoi cela va me servir dans mon activité ?, Pourquoi me demande t on encore de nouveaux efforts alors que je verrai jamais les bénéfices personnellement ?.

A cette question est lié le temps de retour sur investissement de chacun des acteurs.

Une des difficultés tient à lier la rapidité des bénéfices non attendus mais visibles pour les acteurs, par rapport aux efforts demandés :le « ROE individuel » (Retour sur Effort). En effet, la courbe efforts/temps n’est pas la même pour les divers acteurs.

L’entreprise sait que la durée avant l apparition de réels bénéfices sera longue (4/5 ans en moyenne selon le modèle du Community Roundtable) et c’est en cela que l’investissement est important. Mais un investissement de 5 ans est ce un investissement particulièrement important pour les grandes structures ?  Il s’agit donc d’un ROI à moyen terme,qui n'est pas exceptionnel pour les organisations, pendant lequel les pratiques collaboratives et sociales se développeront.

Pour le middle management la question est plus délicate : il va devoir s’adapter à ces nouveaux usages et idéalement être moteur. Il va devenir un des acteurs du changement sans savoir réellement qu’elles en sont les issues et quelles seront les conséquences pour lui. Il peut en devenir un frein car peu de vision lui sont données  (seulement 1/3 des cadres pensent que les organisations vont évoluer selon Mc Kinsey).
Cependant, il a conscience que son bénéfice ne sera pas immédiat, mais pourra accepter que ses efforts soient immédiats.

Il en est autrement du collaborateur. Entre des taches quotidiennes qui ne le sont plus réellement, les changements d’organisation, les nouveaux outils miracles… , il se demande ce qu’on lui demande encore. Contrairement aux autres acteurs, les attentes en termes de bénéfices  sont à court terme pour l’utilisateur et doivent être surtout concrets !
Lui permettre de poser des commentaires, de pouvoir échanger avec d’autres lui semblent intéressants car l’homme est par nature social.
Mais le collaborateur  voit :
1. Un effort très importants : car le changement n’est pas une volonté pour tous et que cet effort sera dans la plupart des cas en plus de son activité quotidienne,
2. Qu on va lui demander d’être plus productif et que les bénéfices seront pour l’entreprise et non pour lui.

Et si la motivation financière répondait à ces bénéfices immédiats ?

Les théories de management mettent en avant le fait que la motivation financière (comme toute motivation extrinsèque)  est mauvaise à long terme. La tentation des entreprises est souvent de considérer le 1er niveau de motivation de Maslow comme acquis pour tous les employés, ce qui n’est pas « forcement »   le cas aujourd’hui.  

Mais pourquoi ne pas installer un système de valorisation financière pendant les phases d’efforts (court terme) afin de mettre en parallèle et sur une même échelle de temps les efforts et les bénéfices concrets.  L’investissement et l’activité « social » du collaborateur sera/devra un jour ou l’autre faire parti de ses objectifs et donc conduira à un pourcentage de sa rémunération et de ses possibles évolutions dans l’organisation.

C’est le cas de diverses entreprises (comme Cetelem Espagne) qui dès les phases de pilotes ont mis en place un système de rémunération basée sur l’activité sociale, il s'agit plus précisément d'une part sur  le variable. 

Il ne s’agit pas d’en faire un système permanent, mais juste de permettre de motiver  temporairement  des acteurs en attendant que les pratiques sociales, les changements organisationnels soient visibles pour tous, et que les bénéfices promis par l’entreprise et attendus par le collaborateur soient effectifs.


Dis autrement, et moins brutalement, il s'agira de passer de facteurs de motivations extrinsèques à des facteurs de motivations intrinsèques en prenant en compte l'ensemble des sources d'influences.


Les 6 sources d'influence
Source : John Stepper

Mettre en perspective, les efforts, les bénéfices attendus par les divers acteurs et le temps nécessaire pour mettre en place ces bénéfices doit faire parti du plan de route de la transformation de l’organisation.