7 juin 2012

Entreprise 2.0 toujours en chemin....



Le MIT Sloan Management et Deloite ont publié une enquête relative à l'entreprise 2.0 ou Social Business "Social Business, What Are Companies Really Doing ?"

Un panel important (3500 interviews) reparti sur la planète mais avec une tres forte majorité d'organisations installées aux Etats unis (53%).

Quels enseignements tirés de cette étude (notamment du cote de l'interne) ? 

La taille de la structure et son activité peuvent favoriser la mise en place d'une stratégie social business.

Les petites (inférieur à 1 000 salariés) et les grandes entreprises  (supérieure à 100 000) comprendraient plus la nécessité de développer une "stratégie 2.0" que ce soit en interne ou/et en externe. 
Quand à l'activité, ce sont les sociétés de médias, de l'IT et des Technologies qui croient le plus aux effets bénéfiques de l'implémentation de ces outils (37% et 29%). La raison parait évidente... 
A noter que viennent ensuite le secteur de l'éducation à la même hauteur que celui des télécommunications (23%).


ROI 2.0

Alors que la principale question posée et qui demeure encore un frein, la grande majorité des entreprises interrogées ne mesurent pas le "ROI 2.0"...


Le premiers métriques sont  quantitatifs (nombre de personnes inscrites, nombre de posts...) ce qui ne permet de mesurer ni "l'engagement" des salariés ni des résultats concrets (idée concrétisée suite à une conversation)... mais seulement l'activité. 

Les indicateurs "business" donc liés à l'externe n'apparaissent qu'en 4 ème position. Mais prenons cela comme un signal positif.



Motivation des collaborateur

Etre en relation les uns avec les autres est la 1ère motivation des collaborateurs pour se rendre sur le réseau social d'entreprise.  


- Le besoin de se connecter 
- Le besoin de se sentir compétent
- Le besoin d'autonomie 
ce sont 3 éléments de base des besoins psychologiques.
(j'ajouterai également le besoin de se sentir utile)

Les RSE semblent combler en partie ces besoins (être connecté, être plus performant, développer son e-reputation et développer ses compétences ).

nb : Je me demande si la meilleure réponse ne serait pas : 
       "Parce que sinon je ne peux pas faire ce pour quoi je suis motivé"


Quelle place dans l'activité ? 

Les RSE apportent avant tout de la valeur dans la recherche d'opportunités, une collaboration plus transversale. Le RSE apporterait peu de  valeur dans la recherche d'experts et on peut regretter que la partie "apprentissage/ développement des compétences"  se retrouve en dernière position.
(Il serait intéressant de pouvoir comparer ce même item dans les chiffres du secteur de l’éducation).



Les freins

Le manque de compréhension du management, le manque de vision business, et la compétition avec d'autres projets  sont les premiers freins. 



La maturité des usages


La recherche d'expertise se fait toujours via "le réseau personnel" pour une très grande majorité : 
- Est ce car l'outil permet rapidement la mise en contact un accès facile à des experts et je n'ai donc plus à chercher les experts ? 
- Est ce parce que les collaborateurs restent sur leur précédents "usages 1.0"

La recherche se fait également plus dans un annuaire d'entreprise que dans le réseau social...



Le partage de documents reste l'usage le plus prisé (et nettement) par les collaborateurs. Les pratiques plus collaboratives, plus sociales (co création, conversations...) apparaissent après. 

Ces deux éléments semblent indiquer que la maturité reste faible et que les usages 2.0 ne sont pas encore réellement "entrés dans l'entreprise"


Le taux d’échec des projets d'entreprise 2.0

Selon l'étude 70% des projets d'entreprise 2.0 sont des échecs


Selon tient notamment au fait : 
  • Que les projets sont encore trop souvent limités  à l’implantation d'un outil plutôt qu'à une stratégie d'évolution globale d'entreprise (les RH ne sont pas les 1 métier a pratiqués les usages )
  • Que les réseaux sociaux sont trop souvent mis hors des process métiers et du travail au quotidien des collaborateurs, dit autrement ils ne sont pas alignés sur les objectifs business de l'entreprise.
  • D'un manque de compréhension (et donc d'implication) de la part du management 
  • Que les budgets nécessaires à l'accompagnement sont donc limités
  • Que les attentes sont "impatientes"
  • Qu'il existe encore trop souvent une frontières entre les flux externes et les flux internes.  
n.b : Que la stratégie est peut être pensée de façon un peu trop "fermée" : ne serait il pas bon de s'ouvrir au niveau des "benchmarks" ?. L'entreprise n'aurait elle pas à apprendre des usages et adoptions des pratiques collaboratives et sociales présentes dans l'enseignement, les associations... (et inversement...)

Cette étude vient renforcer celles de McKinsey "How social technologies are extending the organization" (novembre 2011), mais aussi le rapport The Community Roundtable "State of Community Management 2012" concernant la difficile réussite des projets d'entreprise 2.0 ou social busines. Les échecs sont nombreux (et ceux pris dans ces études ne sont que les initiatives officielles...) et il faut être patient.

Les succès existent et l’étude dispose de "belles histoires" et de forts résultats business. Mais celles ci reposent avant tout sur de longues réflexions de changement global et des actions sur plusieurs années.


Du coté des dernières études faites en France : 
L’étude faite par le CXP (sondage sur 380 DSI ou Directions métiers) indique que pour 16 % des répondants, les réseaux sociaux d'entreprise restent du "buzz".
L’enquête de l'Observatoire des Réseaux Sociaux d'Entreprise indique que 31% des sociétés interrogées ont un réseau social d’entreprise et que 61% ont un projet de RSE en cours... (25 organisations majoritairement "grands comptes").


La plupart des organisations 2.0 semblent être au stade embryonnaire, sans une vision globale sur les 3 dimensions : humaines, espace de travail et technologies

L'entreprise de demain a devant elle, encore un long chemin ...


Sources :






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